Ringo de Benoît-Marie Lecoin {46}

ringoRingo est une saleté de gosse élevé comme un clébard, à la vie piétinée dans un road trip délirant où la démence prend le pas sur toute autre raison. Élevé par sa mère alcoolique et violente dans une caravane échouée au bord de la frontière mexicaine, il se libère en la quittant à bord d’une vieille bagnole, direction Los Angeles… Ringo, pas de péchés, pas de morales ! Pas d’agissement méthodique des serials killers Tupperware que l’on voit partout non plus ! C’est bileux, violent, désaxé… C’est la fuite en avant.

Édition Le murmure/220 pages/19 €

1ère sélection du prix liste_premiere-selection-du-prix-hors-concours-2016_7912

 

« Il a juste le temps de songer qu’il est à présent un homme, qu’il n’a plus rien d’un chien »

Cette dernière phrase résume très bien ce livre. Ringo, notre personnage principal, n’a pas eu une enfance facile. Mis au monde par une mère prostituée, alcoolique et violente,  elle l’a nommé comme cela en l’honneur du chanteur Ringo Starr mais c’est également le nom qu’elle a donné à son chien, car pour elle, il n’y a pas de différence entre son chien et son propre fils.
Passé l’adolescence, Ringo décide de s’enfuir afin de se sortir de cette vie de misère sans avenir possible. Il quitte la caravane familiale pour commencer son road trip. Grâce à celui-ci, il rencontrera plusieurs personnes, la plupart en marge de la société, comme des hippies déconnectés de la réalité, un vétéran de la guerre du Vietnam devenu accro à l’héroïne et dépendant financièrement de la société ou encore des mafieux qui l’engageront pour casser la gueule voire tuer des gens qui ne payent pas le patron à temps. Mais ces rencontres se terminent mal, Ringo sème la mort là où il passe…
laurierRingo m’a beaucoup rappelé Jean-Baptiste Grenouille, le personnage principal du livre Le parfum de Patrick Suskind. Comme lui, Ringo n’a jamais reçu d’amour, il devient un être sans empathie, bestial et violent. Il est dépourvu de la notion du bien et du mal. Comme Grenouille, il s’accroche telle une tique à la vie afin d’essayer de la découvrir, même si celle-ci est menée dans la violence et dans l’incertitude. Enfin, comme Jean-Baptiste, Ringo a une particularité (que je vous laisserais découvrir). Une particularité dont il a honte et qu’il cache aux autres humains.  Cette petite différence explique- en partie- sa rage qu’il a au fond de lui.
J’ai également beaucoup aimé l’histoire, ce road trip ne nous laisse pas une seule seconde de répit. Pour son premier roman, Benoît-Marie Lecoin met en avant des personnages déglingués, en marge de la société, des anti-héros.  Vous l’aurez compris, ce roman est noir, très noir, violent, parfois dérangeant. Il ne plaira sûrement pas à tout le monde, mais moi il m’a convaincu. J’ai aimé découvrir ce personnage qui souhaitait seulement être reconnu comme un être humain et non plus comme un chien.
Bref, un premier roman réussi avec un anti-héros attachant aux actes abominables, un road trip à travers l’Amérique des marginaux, le tout dans une ambiance très sombre.

Merci aux éditions Afficher l'image d'originepour ce service presse!

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